Massimo Baroncelli, dessins
Mireille
Fulpius, sculptures
Langues de bois, dialogue autour de la
matière
A l’occasion de cette exposition, le musée du
Pays et Val de Charmey publie un catalogue avec plusieurs reproductions
en couleur. Ce catalogue, au prix de vente de 20 francs, peut être
commandé par écrit, par téléphone
(026 927 55 87) ou par E-mail: musee@charmey.ch
«Langues de bois» est une exposition qui confronte,
autour du bois, deux démarches artistiques, la sculpture
et le dessin. Un échange entre deux plasticiens. Massimo
Baroncelli, peintre gruérien, cerne la matière
par gros plans successifs. En de grands pastels, il transcrit
des paysages, à la limite du figuratif, de troncs et de
branches. Mireille Fulpius, sculptrice genevoise, affronte la
matière en des structures qui évoque les fillières
du bois. Modelé, façonné, l’arbre
devient images d’un monde pronfondément humain.
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Massimo Baroncelli
Artiste peintre
La Tour-de-Trême (Fribourg)
Naissance en 1950 à Savona (Italie)
Autodidacte
Vitraux dans les églises de la Tour-de-Trême
et Grandvillard (Fribourg)
Expositions collectives à Bulle (musée gruérien),
Fribourg (musée d’art et d’histoire),
Gruyères (château), Charmey (musée
du Pays et Val de Charmey)
Expositions personnelles à Bulle (musée gruérien,
galerie Trace Ecart), Fribourg (galeries de la cathédrale
et de la Schürra), Charmey (musée du Pays et
Val de Charmey), Sion (galerie de la Grande Fontaine),
Lausanne (galerie Paul Vallotton) |
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Massimo Baroncelli, «paysage ligneux»,
pastel sur papier, 123 X 207cm |
Massimo Baroncelli, «bille de
bois»,
pastel et craie sur papier, 102 X 128 cm |
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Massimo
Baroncelli, «troncs»,
pastel et craie sur papier, 106 X 75 cm |
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Mireille
Fulpius
Plasticienne
Seyssel (France)
Naissance en 1951 à Genève
Ecole supérieure d’art visuel, Genève
Participe régulièrement à des symposium
en France, Allemagne et Belgique
Expositions collectives à Yverdon (hôtel
de ville), Grand-Lancy (triennale de sculpture), Lyon (biennale
d’art contemporain), Lodz (Pologne), Charmey (musée
du Pays et Val de Charmey), Huesca (Espagne)
Expositions personnelles à Genève (centre
d’art en l’Ile, Ferme de la Chapelle, galerie
Marianne Brand), Annecy (galerie Perceval), Chambéry
(galerie du Larith) |
Langue du bois, instants privilégiés
Rien ne prédestinait Mireille Fulpius et Massimo Baroncelli à une
collaboration artistique. Elle, à cheval entre Genève
et la France, professeur et plasticienne abonnée aux oeuvres
de grandes dimensions et aux installations, adepte des travaux
de force. Lui, fils d’immigré italien, niché dans
son atelier de la Tour-de-Trême, captivé par cette
Gruyère peinte et dessinée à l’envi,
habitué des ambiances intimistes.
La rencontre s’est déroulée, à l’été 2001,
au musée du Pays et Val de Charmey. Ils participaient
tous deux à une exposition collective sur le thème
de la boîte. Intérêt partagé pour leurs
travaux et échanges. Dans ce décor montagneux,
face à la forêt, la volonté de cerner ensemble
cette matière, ce bois, qui habite leurs oeuvres respectives
depuis longtemps. Fascination aussi d’une collaboration
entre peintre et plasticienne, lancer une passerelle entre les
dimensions, au-delà des formats et des volumes.
Voilà le projet devenu réalité au fil des
mois et des rencontres, des choix et des recherches de chacun.
Le bois est au centre de ces deux démarches si différentes
et pourtant complémentaires. La matière est cadrée,
découpée, rendue en lamelles et en planches. L’alchimie
tient à la recomposition des branches et des troncs. L’arbre
suggère une activité sociale et économique;
l’oeuvre, au-delà de toute anecdote, de toute narration,
confine au poétique par une tension dramatique et si humaine.
Peintre et sculpteur se rejoignent de l’autre côté d’une
figuration pourtant présente, apparente. Les troncs deviennent
paysages, les lamelles de bois malles ou sommiers, les branches
foules humaines, les planches oiseau mythologique... Dans le
silence de leurs ateliers, ils ont parlé fort, dialogue
vibrant autour d’une matière qui nous entoure.
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Mireille Fulpius, «sans titre»,
épicéa, 30 X 220 X 220 cm |
Mireille Fulpius, «malles»,
lamelles de noisetier et de platane,
65 X 130 X 65 cm |
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Mireille
Fulpius joue du bois comme un musicien de son instrument.
Elle compose et recompose des partitions où l’objet
transcendé a toujours un air connu. Il ne faut
pas s’y fier même si ses titres nous y inciteraient.
L’utile n’est qu’un tremplin vers l’imaginaire,
la figuration qu’un trompe l’oeil qui nous
guide vers ces structures étonnantes et répétitives.
La sculpture devient la scène d’un théâtre,
d’une comédie dont l’homme est exclu
et pourtant si présent. A témoin, ces traces
d’une fébrile activité, d’un
besoin viscéral d’action. Au faire, elle
substitue un regard à la fois méditatif
et ironique, une attitude. L’oeuvre existe alors
dans une cohérence étonnante, dans un dépouillement
idéal et s’approche tout simplement de l’essentiel.
Dire sans mots, sans syntaxe; sans prétention,
sans paradigme. |
Mireille Fulpius, «colonnes»,
platane, diam 40 cm, hauteur 190 |
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Massimo Baroncelli a choisi le dessin, délaissant un
instant les brillances de l’acryl. Pastel, mine de plomb,
tempera l’autorisent à cerner la matière
en grands gestes, dans une certaine urgence. Le bois, il l’a
respiré en forêt, là où travaillent
les bûcherons avec leurs entassements de troncs et de branches.
Images volées dans un processus de transformation, restituées
dans la transfiguration de la lumière. Réalité et
figuration ne sont plus alors que prétexte à un
lyrisme de la couleur. A la mine de plomb, à l’encre
de Chine parfois rehaussée de tempera, il magnifie les
structures complexes des branches, les réseaux forestiers,
géométrie pure et si peu plane. Des gris et des
noirs somptueux surgit la lueur, intime atmosphère de
l’ombre. Au pastel, avec vigueur, il entonne une ode à la
matière, le bois décliné en des camaïeux
d’ocres et de bruns. Les cadrages très cinématographiques
donnent à l’ensemble un axe légérement
décalé, un regard scrutateur et interrogé.
Ensemble, ils réinventent la langue du bois pour un dialogue
passionné autour d’un moment, d’une atmosphère,
instants privilégiés hors de toute contrainte de
temps et d’espace. |