Marcel Imsand
Biographie
Marcel Imsand est né en Gruyère en 1929. Son père,
Haut-valaisan, travaillait sur les routes. Sa mère, Gruérienne, était
employée de fabrique à Broc. Marcel a traversé la
petite enfance en compagnie de ses grands-parents dans leur ferme
de Pringy en dessous du château de Gruyères. Ces
souvenirs sont gravés en l’adulte qu’il est
devenu, impliquant un fort attachement à cette Gruyère
qui l’a vu grandir. A 15 ans, il quitte sa famille à la
recherche d’un métier. Il sera, à Neuchâtel,
mécanicien de précision, profession qu’il
exercera jusqu’en 1964. Un Kodak Baby, reçu à 16
ans, lui permet d’exprimer sa grande sensibilité en
images. Un ami, membre d’un photo-club, va lui révéler
sa passion et réorienter son existence. Sans quitter l’usine,
il consacre alors ses loisirs à la prise de vue de paysages,
de scènes de rue, de portraits. Son don exceptionnel pour
l’instatané et ses qualités remarquables
de cadrage et de tirage - le tout marqué par une intense
charge intime qui n’ira que s’accentuant - frappent
les clubs d’amateurs qu’il fréquente et lui
valent de nombreux prix nationaux et internationaux.
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En mai 1964, il fait le saut et
s’établit en indépendant à Lausanne.
Au début il tire ses négatifs dans la petite
salle de bain familiale avant d’installer son atelier,
devenu mythique, au 9 de la rue de l’Ale. Il devient
le photographe officiel du Théâtre de Beaulieu
où se produisent, à la fin des années
60, de grands artistes: musiciens, acteurs, chanteurs, danseurs.
Marcel Imsand s’est illustré par la publication
d’étonnants livres de photographies où s’exprime
son sens aigu du contact humain: «Paul et Clémence»,
la solitude d’un vieil original et de sa bonne; «Luigi
le berger» la transhumance d’un pasteur bergamasque
et ses brebis; «Evelyne» star de cinéma
alémanique et sa mystérieuse beauté; «les
frères», jumeaux dans leur ferme gruérienne.
Il a été lauréat de nombreux prix et
distinctions. Citons les Bourses fédérales
des arts appliqués en 1970 et 1971 et le Grand prix
de la Fondation vaudoise pour la création artistique
en 1988. |
La vie au chalet en Gruyère
Marcel Imsand est fasciné par cette Gruyère qui
l’a vu naître. Mais plus que tout, il est attiré,
captivé par le chalet, cette vie à la montagne
qui voit des hommes s’isoler pendant près de six
mois. Là, les armaillis, hors de tout folklore répètent
des gestes ancestraux pour le soin du bétail et la fabrication
du fromage. Il s’est lié d’amitié avec
un producteur de fromages d’alpage, Yvan Brodard de Treyvaux.
Depuis des années, ce dernier passe l’été à la
montagne dans la vallée de la Jogne, au-dessus de Cerniat.
Il occupe trois chalets appartenant aux Chartreux de la Valsainte:
La Tioleyre (1114 mètres); les Grands Grenereyts (1205
mètres); La Carra (1480 mètres). C’est dans
ce dernier chalet qu’Imsand, le photographe, l’a
rejoint.
Imsand a traqué méticuleusement tous les moments
de la vie à l’alpage: .fabrication du fromage, soin
au bétail, les repas, le dimanche avec les enfants montés
de la plaine, les garçons de ferme portugais, la vache
qui vêle, la coupe du bois de feu, etc... Dix jours d’un
quotidien où le banal révèle la beauté de
l’âme dans cette lumière rougeoyante de l’âtre.
Il utilise ici la couleur dans un jeu permanent de clair-obscur,
magnifiant les bleus et les rouges dans cette buée, cette
chaleur du chaudron et du lait qui devient fromage.
Marcel Imsand a offert cet exceptionnel reportage
au Musée
du Pays et Val de Charmey. Et ce sont ces 45 clichés que
propose de découvrir l’exposition «la vie
au chalet en Gruyère».
Les paysages
Le paysage, en fresque ou en détail, reste le thème
premier de l’oeuvre de Marcel Imsand. Il pose un regard
aigu sur l’espace qui l’environne, cadrage rigoureux
pour une poétique de l’instant. Marcel Imsand travaille
ensuite ses clichés en laboratoire. Il vire méticuleusement
chaque image lui donnant une dimension unique, à la manière
des graveurs. Le virage révèle l’arbre ou
le bateau, magnifie le voilier sur un Léman d’encre,
transforme en paysage lunaire un massif rocheux. Du réalisme
de la photographie, il ne se suffit pas. Tel un peintre, il propose
une autre vision du réel et non pas une simple copie, à un
moment précis dans une lumière donnée.
Dans une salle du musée, Imsand propose une vingtaine
de ses paysages photographiés en Suisse et en France,
de l’eau à la montagne.
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