
Yvone Duruz (1926 – 2007)
Libre. Engagée. Passeuse d’art entre deux continents.
Du 15 mars
au 24 mai 2026
Longtemps restée dans l’ombre, Yvone
Duruz fait partie de cette génération
de femmes artistes du XXe siècle
dont les voix, trop souvent étouffées,
enrichissent aujourd’hui notre regard.
Née à Berne, en 1926, dans un milieu
où la culture est omniprésente – une
mère cantatrice, un grand-père écrivain
et journaliste connu sous le nom de
Solandieu –, elle grandit dans un univers où les mots, la musique et l’image façonnent la pensée. Très tôt, elle affirme son indépendance et une curiosité insatiable.
Formée à la sculpture à la Gewerbeschule de Berne, puis à la peinture à Paris et à Londres, Yvone Duruz se forge une personnalité artistique multiple. Sa pratique se nourrit du contact avec les grands courants de la modernité, sans pour autant s’y soumettre. De la figure à
l’abstraction, de la matière à la lumière,
elle explore un langage pictural d’une
grande intensité, où la couleur devient à la fois manifestation d’un combat intérieur et espace de liberté.
À Fribourg, elle rejoint le groupe
Mouvement, aux côtés des frères Émile et Louis Angéloz, de Roger Bohnenblust, de Jean-Claude Fontana et d’Iseut Bersier notamment. Avec eux, elle participe à de nombreuses expositions, à la galerie de la Cité pour l’essentiel.
Ses toiles et ses dessins révèlent une
interrogation constante sur le rôle de la
femme et les dérives du monde. Chaque
surface peinte devient un territoire
d’expérience, où se confrontent matière
et esprit, tendresse et révolte. En 1971,
elle découvre l’œuvre de Francis Bacon au Grand Palais, à Paris. C’est une révélation, confirmée par sa rencontre avec l’artiste britannique. Dès lors, la peinture de Duruz se charge d’une énergie nouvelle : les corps se disloquent, se tordent, se confrontent,
exprimant tout à la fois douleur et vitalité.
Au fil des années, Duruz étend son champ d’action. Elle peint, grave, sculpte, compose des collages, allant même, plus tard, jusqu’à concevoir du mobilier d’art. Elle s’installe en Valais avec son mari, l’historien de l’art Bernard Wyder, et enseigne à l’École cantonale des Beaux-Arts de Sion. Elle s’engage activement dans la vie culturelle régionale. Elle part ensuite vivre au Canada, sans jamais rompre le lien avec la Suisse.
Installée à Montréal dès le début des années 1980, elle se rend fréquemment à New York, qui lui offre d’infinies sources d’inspiration. Dans une esthétique propre à elle seule, elle décline les excès de l’Amérique au travers de séries de crèmes glacées, de hamburgers ou de patineurs sur roulettes.
Chacune de ces étapes est pour elle
l’occasion de nouvelles expérimentations, d’une réflexion lucide sur la société et sur la responsabilité de l’artiste face à son temps.
Cette exposition invite à revisiter le
parcours d’une femme de conviction,
exigeante et passionnée. Les œuvres
présentées, issues pour la plupart de
collections privées, témoignent d’une
grande humanité, où beauté et vérité
se confondent.
L’exposition et la publication qui
l’accompagne sont le fruit d’une étroite
collaboration entre le Musée de Charmey, le Musée gruérien et leurs Amis.
Dépliant de l'exposition
Image : Yvone Duruz, Montréal jogging, 1981, lithographie, 76 x 57 cm. Collection privée, photo : Aldo Ellena © Succession Yvone Duruz





